Exposition : Incidences de Martine Hoyas  - Communauté de Communes Haut Val de Sèvre

Du 1er au 16 décembre 2016, la Communauté de Communes expose les créations contemporaines de l'artiste Martine Hoyas à la Salle du Prieuré (34 rue du Prieuré à Azay Le Brûlé)

Entrée gratuite

Visite libre :

  • Du Lundi au Vendredi 9h30-12h & 14h-16h30
    fermé le mercredi après-midi
  • Samedi 3 & Dimanche 11 décembre de 15h à 18h

La salle du Prieuré  se situe 34 rue du Prieuré à Azay Le Brûlé.

Découvertes des arts et de la culture pour les scolaires :

En partenariat avec l'inspection académique, des visites sont organisées avec 44 classes des écoles de la circonscription.

Incidences de Martine Hoyas

Incidences
Ce sont les mécanismes qui engendrent le travail artistique.
Le processus de création qui a pour objet l'idée de sauvegarder  le temps qui passe.
Le premier geste dans la récupération de papiers peints extirpés de maisons abandonnées. 

Incidence ou coïncidence, c’est une histoire artistique qui donne à voir des traces, des vestiges de peau de murs appartenant à des époques données ;
qui questionne notre relation au temps, à la mémoire, à l'amnésie ;
qui souligne par métaphore notre rapport au corps, à la durée,  à l'oubli ; 
qui étalonne par effet de résonance nos souvenirs. 

Aussi, j'envisage la peinture comme une exploration qui m'a conduite à fouler des territoires chaotiques, avec comme seul  désir la restitution du temps. 
Un temps figé dans le passé,  fragilisé par l'abandon.
J'ai toujours été contre une quelconque figuration et pourtant  ramenée à elle par le principe de plagiat, de restitution d'images,  effectuée par la restauration d'une mémoire de ces endroits où j'ai   dirigé mon regard, digéré les images.
Une dimension temporelle s'est inéluctablement installée dans  ma pratique, par l'appropriation de papier peint extirpé des  murs de vielles maisons. Elle a coexisté de manière viscérale à  l'élaboration de la retranscription. L'humain fut donc le sujet même  de cette entreprise de désossage, de démontage, de reconstruction,  une mise en lumière de ces lieux.
Des lieux rencontrés, dépecés, creusés, ouverts qui offraient un volume puissant, dérangeant, absurde mais sensible, cryptés de  signes de vie, de traces laissées par sa détérioration ; son absolu majesté façonnée par le vécu, le temps, les intempéries...
Une image suspendue entre deux tensions, celle d'un désastre,  l'autre d'une fragilité faisant écho à tout un pan de nature  philosophique sur la question de l’existence, du temps qui passe. 

J'ai dressé des figures, des témoignages hypothétiques par le biais de la peinture. Les premières furent cruelles, sculptées dans la  chaire du mur comme avalées par son souvenir, ses imprégnations digérées de ces lieux.
La seule matière à extraire qui parle de ses maisons c’est le papier  peint aux motifs ironisant une chaleur disparue.
Glaner le papier peint dans les décombres, comme glaner des  pommes de terre pour nourrir un corps de matière symbolique et existentiel.
Se défendre du BEAU par la vérité pour donner à voir au delà des apparences, conditionner par le jeu de l'absence la figure humaine, une humanité, la rendre palpable, perceptible, sans  discours.
Un médium banal, universel qui par la peinture s'assure d'une transmission de l'être-là.

Informations et renseignements :